Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 09:04

« Sans Pap', affectueusement... »


À Boissy, chez Derichebourg, ce sont 17 travailleurs accompagnés par la CGT94, qui sont en grève et occupent la salle du CA de l'entreprise. Dés l’ entrée dans les locaux, les Communistes de la ville les ayant accompagnés ont fait chauffer les téléphones portables pour lancer la solidarité avec les Organisations politiques et élus de Gauche du département. La municipalité sitôt informée, a décidé de fournir 15 matelas pneumatiques, et nous les remercions de ce geste fort. Les villes de Bonneuil et Boissy ont décidé une solidarité alimentaire. Une rencontre a rapidement eu lieu avec la direction de l'entreprise, pour expliquer la centralisation de TOUS les dossiers, même si dans cette entreprise "le travail" avait été fait. Cette grève n'est pas dirigé contre l'entreprise, mais bien contre les mesures en recul depuis 6 mois,

Le bât blesse dans un recul des préfectures et les anomalies de traitement de ces dossiers. Désormais, ces travailleurs souhaitent une réponse globale et unique, sur le territoire.
Cette occupation est calme, déterminée, et organisée malgré la venue d'un huissier pour constater l'action en cours.
Un grand Barbecue est prévu Samedi 17 Octobre dès Midi

pour populariser la solidarité à ces travailleurs qui rasent les murs, faute de papiers conformes.

Ils n'ont rien d'autre à perdre, que leur vie, cela expliquant leur détermination.

Après le PCF sur le terrain dès la première heure, ce sont Joseph Rossignol, conseiller général Parti de Gauche, et Jean Pierre Girault, conseiller Régional des Verts qui sont venus pensant eux régler individuellement les dossiers en re-construction des travailleurs en grève. Ils  ont eu le détail de l'opération "Phase 2" de ce mouvement et ont bien compris qu'une récupération politique n'était pas à l'ordre du jour.


A Paris, près de trente sites étaient encore concernés, hier, par la nouvelle mobilisation des travailleurs sans-papiers.
Reportage à la Fédération patronale des travaux publics, qui regroupe les plus gros employeurs du secteur (Vinci, Bouygues, Eiffage…).

Après le grand mouvement de grève des travailleurs sans-papiers du printemps 2008 pour obtenir leur régularisation, voici venu le mouvement de l’automne 2009. Depuis lundi matin, ils sont environ trois cents sans-papiers, activement soutenus par la CGT, à occuper le rez-de-chaussée du siège de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) située au 9, rue de Berri dans le 8e arrondissement de Paris. Sur la façade du bâtiment, cerné par deux hôtels de luxe, une affiche de la CGT et un petit drapeau rouge jouxtent la plaque de la FNTP.

« Mouvement des travailleurs sans-papiers. Acte II ». La phrase est inscrite en noir sur des « carnets de grève » nominatifs, délivrés à chaque sans-papier présent. Au lendemain d’une première nuit d’occupation, les visages semblent fatigués mais déterminés. On en croise quelques-uns qui profitent des fauteuils du hall d’entrée. Mais la majorité se trouvent à l’intérieur, assis par terre dans les couloirs, sur des chaises, répartis dans les trois grandes salles de réunion. « On est là depuis hier matin, raconte calmement Kouaté Kandjura, un des porte-parole de l’action à la FNTP. Pour l’instant, ça va, mais il faut mettre en place une caisse de solidarité pour manger. On est décidés à occuper le temps qu’il faudra, un jour, un mois… un an s’il le faut ».

Lassés d’avoir peur de marcher dans la rue, fatigués d’affronter des contrôles d’identité, les grévistes disent autour d’une grande table leur colère d’être traités comme des citoyens de seconde zone. Un malien d’une cinquantaine d’années fouille énergiquement dans son porte-feuille et tend sa carte d’identification professionnelle des salariés du BTP. Il vit en France depuis 1994. Depuis cette date, il enchaîne huit heures par jour dans le nettoyage industriel. « J’ai toutes mes fiches de salaires. Je paye des impôts, des taxes comme tout le monde. Mais je n’ai pas droit à la sécurité sociale, ni à la retraite, ni au chômage parce que je n’ai pas de papiers. C’est pour ça que je suis venu occuper. » Du côté de la FNTP, on se dit surpris d’être la cible d’une occupation. « Notre fédération condamne fermement le travail illégal. Notre rôle est d’informer et de sensibiliser nos entreprises adhérentes pour lutter contre cela. Mais, à la fin, chacune est responsable de ses pratiques », justifie Jean-Christophe Goux-Reverchon, attaché de presse de la fédération. Et d’assurer qu’il n’est pas question de faire appel à la force pour déloger les occupants. Pour autant, aucun contact n’a été établi entre la direction de la FNTP et les grévistes. En attendant, le sitting continue. Les trois cents grévistes se préparaient, hier, à passer une deuxième nuit sur place.

Ixchel Delaporte

Notre dossier Sans-papiers

Par jack palmer - Publié dans : Boissy
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